Tennis Canada
Étude de cas : Tennis Canada

Utiliser les données de mouvement pour faire croître le tennis partout au Canada

L’équipe de développement des installations de Tennis Canada a un mandat simple, mais ambitieux : rendre le tennis accessible à un plus grand nombre de Canadiens, dans plus d’endroits, tout au long de l’année. Elle y parvient grâce à trois programmes principaux :

  • Le programme À vous le court Banque Nationale, qui offre un soutien financier pour la rénovation des courts municipaux accessibles au public;
  • Le Programme de courts publics intérieurs présenté par Rogers, qui offre un soutien financier pour créer davantage de courts (ou dômes) utilisables toute l’année durant les longs hivers canadiens ; et
  • Le développement d’installations de tennis provinciales/territoriales et régionales de plus grande envergure, qui offrent aux athlètes de haut niveau un endroit où s’entraîner près de chez eux.

De nombreux courts de tennis publics au Canada ne sont pas surveillés, sont gratuits d’accès et fonctionnent selon le principe du premier arrivé, premier servi, ce qui signifie qu’il n’existe aucun registre d’adhésion, aucun registre de réservation et pratiquement aucune donnée sur le nombre réel de personnes qui utilisent les courts. Pour un organisme sportif national qui cherche à justifier des investissements dans des collectivités précises — auprès des municipalités, des commanditaires de programmes et d’autres partenaires commerciaux — l’absence de données d’utilisation fiables constitue un obstacle de taille.

« Grâce aux programmes d’adhésion et aux systèmes de réservation en place dans les clubs, nous recueillons des données démographiques et d’utilisation qui nous aident à évaluer où nous devons améliorer nos installations. Sans système en place dans les parcs publics, il est difficile de recueillir des données concrètes au-delà de qui a accès à l’installation. Grâce aux données recueillies par ActiveXchange, nous pouvons obtenir les renseignements dont nous avons besoin pour améliorer l’accès aux installations de tennis publiques. »

Katie Matthews, coordonnatrice des projets communautaires, Tennis Canada

Tennis Canada a amorcé son partenariat avec ActiveXchange il y a un peu plus d’un an. Depuis, CAN Actif Mouvement est devenu un outil central dans la façon dont l’équipe de développement des installations détermine où les investissements sont nécessaires, bâtit les arguments en leur faveur, en suit les résultats et communique les preuves d’impact aux commanditaires de programmes et aux bailleurs de fonds gouvernementaux.

Comment Tennis Canada utilise les données de mouvement

Tennis Canada suit désormais plus de 80 emplacements partout au Canada grâce à Aperçu CAN Actif, allant des grands parcs urbains qui enregistrent plus de 100 000 visites par année aux installations communautaires plus modestes, dans des villes qui ne comptent qu’un ou deux courts. Ces données donnent à l’équipe un accès continu aux données sur les utilisateurs, aux tendances de fréquentation et aux lacunes existantes.

1. Élaborer des profils communautaires

Le point de départ de toute démarche de sensibilisation consiste à comprendre comment une installation est actuellement utilisée. Grâce aux rapports de visites, Tennis Canada peut établir un profil détaillé de tout court suivi : le nombre de personnes qui le visitent et à quelle fréquence, les jours et les heures de plus grande activité, la durée moyenne des visites, la provenance des visiteurs et le profil démographique de la clientèle.

Le parc Morris Kerbel, à Brampton, en Ontario, illustre bien comment cela se traduit en actions concrètes. Avec un temps de présence moyen de 57 minutes, les visiteurs restent pour jouer. Les données montrent un pic d’activité les mardis et mercredis, le dimanche étant la journée la plus calme. La fréquentation est fortement concentrée en semaine, à 73,6 % des visites, avec un creux constant entre 13 h et 15 h.

Ce creux de la mi-journée pendant les heures de classe, combiné à l’emplacement du court dans une municipalité de banlieue densément peuplée, a révélé une occasion évidente pour une école des environs d’y amener des élèves dans le cadre d’une programmation de tennis pendant cette période sous-utilisée.

Les données sur les segments de visiteurs révèlent à quel point cette collectivité est diversifiée : elle regroupe des familles nouvellement immigrées, des ménages aisés bien établis, des communautés multiculturelles de longue date et des travailleurs ruraux en périphérie urbaine. Le tennis au parc Morris Kerbel dessert donc de nombreuses collectivités, ce qui a des répercussions directes sur la façon dont Tennis Canada et ses partenaires provinciaux conçoivent leurs programmes et planifient leurs démarches de sensibilisation.

« En observant ce profil, on constate que la fréquentation est très faible le dimanche. Ce pourrait être l’occasion pour l’Association de tennis de l’Ontario de venir organiser des tournois au parc Morris Kerbel le dimanche. Les jeudis et vendredis affichent également une fréquentation assez faible. Étant donné la disponibilité du court pendant les heures de classe, ce serait un excellent moment pour qu’une école des environs y amène ses élèves afin de participer à des programmes d’initiation au tennis. »

Katie Matthews, coordonnatrice des projets communautaires, Tennis Canada

Cette approche fondée sur les profils communautaires est désormais appliquée systématiquement dans l’ensemble des installations suivies par Tennis Canada, aidant l’équipe et ses partenaires provinciaux à cerner des occasions de programmation qu’ils auraient autrement complètement ratées.

2. Repérer les zones mortes du tennis

L’un des défis stratégiques les plus pressants de Tennis Canada est ce que l’équipe appelle les « zones mortes » — des secteurs où la demande pour le tennis existe, mais où les courts sont rares, inadéquats ou inexistants. Par le passé, les repérer sans données signifiait s’en remettre au bouche-à-oreille des associations provinciales. Les données de mouvement les rendent désormais visibles.

L’indicateur clé est la distance parcourue. Tennis Canada utilise 50 km comme point de référence : si une proportion importante des visiteurs d’une installation doit parcourir plus de 50 km pour s’y rendre, c’est un signe que quelque chose manque plus près de chez eux.

Le parc Watson Glen, à Chilliwack, en Colombie-Britannique, a enregistré 20 700 visites entre janvier 2023 et février 2026, mais ce qui frappe le plus, c’est la provenance de ces visiteurs. Les données sur l’origine des déplacements montrent que 31 % de tous les visiteurs venaient de Hope, une petite municipalité située à un peu plus de 50 km. La distance moyenne pondérée parcourue par les visiteurs était de 67,1 km.

Lorsque Tennis Canada a mené son enquête, la situation est devenue claire. Hope ne compte que deux courts municipaux. Les municipalités situées entre Hope et Chilliwack ne comptent elles aussi qu’un ou deux courts, ce qui est insuffisant pour soutenir des programmes, des cliniques ou la pratique en club. Les gens qui souhaitent jouer plus qu’à l’occasion n’ont d’autre choix que de se déplacer.

Les données sur les segments de visiteurs ajoutent une dimension humaine à ces chiffres. Les profils dominants (Country et Western, Retraite pittoresque, Boomers de l’arrière-pays) brossent le portrait de résidents plus âgés et actifs pour qui le tennis représente un moyen important de rester en santé et de garder des liens sociaux, mais qui doivent parcourir une distance considérable pour jouer.

« C’est un excellent exemple de ce que nous pourrions présenter à la municipalité de Hope pour lui montrer que ses résidents — en particulier ses résidents plus âgés — pourraient bénéficier d’un nouvel ensemble de courts permettant d’offrir des programmes et des tournois de tennis. Cela donnerait à leurs résidents aînés la possibilité de rester actifs et de garder des liens avec leur collectivité sans avoir à parcourir plus de 50 kilomètres pour le faire. »

Katie Matthews, coordonnatrice des projets communautaires, Tennis Canada

3. Suivre l’impact des investissements

Il est important de justifier un investissement, mais il est tout aussi important de prouver que cet investissement a porté fruit et a eu un impact réel, tant pour bâtir la confiance des municipalités que pour démontrer le rendement du capital investi aux commanditaires de programmes.

Les courts de tennis du parc Stanley (Vancouver) ont été choisis pour une rénovation en 2023 dans le cadre du programme À vous le court Banque Nationale. Les six courts ont été resurfacés et modernisés avec de nouveaux poteaux, filets, clôtures et panneaux de signalisation ; une cérémonie d’inauguration a eu lieu le 29 juin 2023, coïncidant avec l’Omnium Banque Nationale du parc Stanley.

Dans les mois qui ont suivi la réouverture, la fréquentation des courts n’a cessé de croître. Dès l’été 2025, les visites atteignaient un sommet de plus de 13 000 en un seul mois.

Les données sur l’origine des visiteurs racontent une histoire frappante quant à la portée de l’installation. Près de la moitié des visiteurs (47,54 %) proviennent d’un rayon de 50 km, ce qui reflète une forte utilisation par la collectivité locale. Mais une proportion presque équivalente (49,74 %) doit parcourir plus de 150 km pour s’y rendre. Cela prouve que les courts desservent bien plus que le voisinage immédiat — ils attirent des joueurs de toute la région et au-delà, ce qui reflète directement l’attrait du tournoi et la qualité de l’installation rénovée.

« Disposer de données concrètes comme celles-ci est extrêmement utile pour défendre le développement des installations, mais c’est aussi important pour nos commanditaires de programmes. Une preuve visible que nos initiatives conjointes donnent les résultats escomptés renforce notre partenariat avec eux et consolide davantage leur confiance envers nous et envers les programmes qu’ils commanditent. »

Katie Matthews, coordonnatrice des projets communautaires, Tennis Canada

4. Maintenir les courts actifs toute l’année

Les hivers canadiens ferment effectivement des milliers de courts de tennis extérieurs pendant un minimum de 6 mois par année. L’un des objectifs fondamentaux de Tennis Canada est de changer cette réalité, et les données de mouvement fournissent désormais des preuves claires de ce qui se produit lorsqu’on y parvient.

Le PRC de Mississauga faisait face à un problème familier : une installation très fréquentée qui se vidait chaque hiver. La solution a été de recouvrir les courts d’un dôme afin de les rendre utilisables toute l’année. Les données de mouvement montrent exactement ce que cette décision a permis d’obtenir.

Contrairement aux installations extérieures qui suivent un cycle saisonnier prévisible (c.-à-d. des étés chargés et des hivers calmes), le PRC de Mississauga affiche un nombre de visites mensuelles constant tout au long de l’année, sans creux hivernal notable. Les mois d’hiver comptent d’ailleurs parmi les périodes de plus forte affluence.

Une expansion à l’échelle de l’organisation

Ce qui a commencé comme un outil pour l’équipe de développement des installations s’est répandu dans l’ensemble des activités de développement de Tennis Canada. Au fur et à mesure que des collègues d’autres équipes ont découvert la plateforme, ils y ont trouvé leurs propres applications.

L’équipe des Ligues de tennis récréatif, qui met en contact des joueurs de calibre similaire dans leur région, utilise désormais les données sur les segments de visiteurs pour repérer les emplacements les plus susceptibles de compter des joueurs à la recherche de partenaires de jeu, orienter le lancement de nouvelles ligues et cibler les courts très fréquentés où le marketing du programme aura le plus d’impact.

L’équipe Jeu. Set. Équité., qui offre une programmation de tennis accessible destinée aux personnes s’identifiant comme femmes et filles, peut utiliser les données démographiques communautaires et la cartographie du recensement pour repérer les secteurs de besoin et d’opportunité, et pour renforcer son examen des demandes de financement provenant d’organismes desservant des collectivités mal desservies.

L’équipe Premier set Rogers, qui vise à donner le goût du tennis aux jeunes en les incitant à l’essayer, à l’apprendre, à le pratiquer et à participer à des compétitions, offre aux jeunes un environnement amusant, accueillant, sécuritaire et positif pour découvrir ce sport. Le Mois du tennis au Canada, une célébration du sport tout au long du mois de juin, encourage les collectivités à organiser des événements communautaires et à y participer. Les données recueillies par ActiveXchange pendant le Mois du tennis peuvent aider l’équipe Premier set Rogers à suivre la participation dans les parcs publics partout au pays et à évaluer l’impact direct du programme sur la participation.

Résultats

En un peu plus d’un an, les données de mouvement se sont intégrées à la façon dont Tennis Canada planifie, milite et rend compte de ses activités. Les résultats sont tangibles dans tous les secteurs d’activité de l’organisme.

  • Des arguments de financement plus solides
    Tennis Canada peut désormais approcher les municipalités avec des cartes d’origine des visiteurs, des répartitions démographiques et des données sur les distances parcourues qui appuient, de façon claire et visuelle, les arguments en faveur des investissements dans les courts. Les zones mortes autrefois repérées par des anecdotes peuvent désormais être démontrées à l’aide de données.
  • Une intelligence à l’échelle de l’organisation
    Ce qui a débuté au sein de l’équipe de développement des installations éclaire désormais la planification des Ligues de tennis récréatif, de Jeu. Set. Équité., de Premier set Rogers et du Mois du tennis. Il s’agit d’une base de données commune qui rend le travail de l’ensemble de l’organisme plus ciblé, plus défendable et plus percutant.
  • Une programmation plus efficace
    Les profils communautaires, qui présentent les périodes de pointe et hors pointe, les données démographiques des visiteurs et les temps de présence, permettent à Tennis Canada et à ses partenaires provinciaux de repérer les lacunes en matière de programmation et de concevoir des initiatives adaptées à la façon dont les collectivités utilisent réellement leurs courts.
  • Un impact mesurable des investissements
    Les données avant-après tirées de rénovations comme celle du parc Stanley donnent à Tennis Canada un modèle reproductible pour démontrer le rendement du capital investi — auprès des municipalités, des commanditaires et de l’ensemble du secteur.
  • Des relations plus solides avec les commanditaires
    La capacité à montrer aux commanditaires de programmes et aux partenaires commerciaux des preuves concrètes et visuelles de la performance de leurs programmes renforce ces partenariats et accroît leur confiance à investir davantage.

« Nous pouvons approcher des partenaires potentiels avec des arguments détaillés et fondés sur des données pour expliquer pourquoi ils devraient consacrer leur budget et leurs capacités déjà limités au tennis. »

Katie Matthews, coordonnatrice des projets communautaires, Tennis Canada